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Toute l'actu autour de René Goscinny


03 octobre 2005 


Dictionnaire égoïste de la littérature française (éd Grasset)
 

Révélation de la rentrée littéraire : le dictionnaire de Charles Dantzig. Dans cet inventaire, de la littérature, il était naturel parmi les grands écrivains français de faire figurer Goscinny à propos duquel l'auteur écrit : « René Goscinny, le scénariste d'Astérix, de Lucky Luke et du Petit Nicolas, fait partie des talents littéraires qui, au XXème siècle, ont fait autre chose de la littérature en apportant du littéraire à cette autre chose. (...)
Lucky Luke m'a tout appris sur le Far West ; d'amusant, Astérix est devenu délicieux. Il déborde de références. Les albums plus référencés sont d'ailleurs les meilleurs ; il faudra bientôt les éditer avec des notes. Quel plaisir de retrouver, comme entre nous, des allusions à des faits des années 1960 et 1970 tout aussi oubliés que la culture latine ! La culture populaire meurt comme le reste, et désormais aussi vite. (...) Nom du village de Mariapacum sur la carte de Corse, personnages dessinés d'après des vedettes d'alors, comme le présentateur du Disney Club à la télévision, Pierre Tchernia, je vous aime ! Astérix a le goût fin, non seulement parce qu'il est cultivé, mais aussi parce qu'il est intelligent : il parodie les clichés. (...) Astérix n'est pas que malin. L'affection du goinfre Obélix pour son tout petit chien Idéfix est touchante, et les histoires ont une indulgente aujourd'hui morte. C'est toujours par le zèle que les catastrophes y arrivent ; les méchants y sont les passionnés ; le scepticisme n'empêche pas de défendre l'essentiel. (...)
Dessiné par Sempé, Le Petit Nicolas m'enchanta. Je sentais bien, subissant les horreurs du collège, un des lieux les plus féroces qui aient été inventés pour l'asservissement des humains, qu'on me racontait un monde idéal et moqueur, délicieux parce qu'il était moqueur : on ne me prenait pas pour un sot en me menant par l'idéal. C'est adolescent, je pense, au moment où l'on perd la connaissance instinctive du monde, que j'ai éprouvé la nostalgie des choses que je n'avais pas connues, ce qui a peut-être nourri le sentiment qu'il me fallait recueillir le meilleur passé. »


 
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