Interview de Marcel Gotlib (France Info, novembre 2002)
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C'était avant tout un très grand professionnel de la BD.
Il a complètement révolutionné la bande dessinée
telle qu'elle existait à l'époque, et qui était principalement
figurée par Tintin et Spirou. Et lui, quand il a pris Pilote, il
a voulu en faire un journal pour adolescents et pour jeunes adultes. Il
fallait aller plus loin. Donc, ce boulevard, c'est Goscinny qui l'a ouvert
avec Pilote. -
Selon vous, la recette de la potion magique de Goscinny, c'est quoi à
travers toutes ces séries ? Qu'est-ce qui déclenche le rire
à chaque fois ? -
Ca dépend des séries. Bon, Astérix, on va pas revenir
dessus. Par exemple, Lucky Luke, il se documentait beaucoup sur l'histoire
de l'Ouest pour transgresser tous les codes, pour détourner tous
les héros qui ont vraiment existé comme Billy The Kid. Iznogoud,
c'était la déconnade à fond, à partir des
mille et une nuits. Tous les clichés y passent. Il était
"bande dessinéiquement" incorrect. -
Il vous a profondément influencé au fond. -
Evidemment. Il m'a fait. Il m'a fabriqué professionnellement parlant.
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Vous avez l'impression que la BD, elle toujours un peu orpheline de ce
scénariste de talent qu'était Goscinny ? - De toutes façons, quelle que soit l'époque, aujourd'hui, il y a 50 ans ou dans 50 ans, quand quelqu'un de cette envergure professionnelle disparaît, tout le monde est orphelin.
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