Interview de Tabary (France Info, novembre 2002)
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Goscinny a donné ses lettres de noblesse au scénario. Avant
Goscinny, le scénario était quelque chose de très
peu important. Les maisons d'édition ne s'intéressaient
qu'au dessin. Donc, si vous aviez un bon dessin, ils vous engageaient.
Le scénario n'était pas important. C'est Goscinny qui a
apporté une importance au scénario. C'est lui qui a fait
que le scénario est devenu aussi important que le dessin. -
Comment est-ce qu'il cherchait l'inspiration dans son quotidien à
lui ? Est-ce qu'il notait ? Est-ce qu'il s'imprégnait de l'ambiance
de tous les jours ? Comment ça se passait ? -
Je crois qu'il avait un très gros pouvoir de concentration et quand
il inventait une histoire, il vivait dedans, il était ce qu'on
appelle un auteur, il était doué. Il savait le faire. Comment
dire ? On ne peut pas dire comment est un auteur, d'abord je n'étais
pas dans sa tête, mais je voyais bien, quand il racontait une histoire.
Il était doué. C'est pareil dans le cinéma, dans
le théatre, on ne peut pas expliquer pourquoi quelqu'un a ce don
de bien raconter une histoire, de trouver les gags, comment ils venaient,
tout seul. C'est le talent. Et les gens, quand ils prennent un album,
même moi, si vous prenez un album d'Astérix, ou d'Iznogoud
ou de Lucky Luke, quand on ouvre n'importe où, on ne s'arrête
pas. -
Goscinny vous le mettez au même rang qu'Hergé ? - Je vais même aller plus loin. Je crois que Goscinny est au-dessus d'Hergé. Une histoire par Hergé, c'est une belle histoire, c'est propre et très bien fait, mais il n'y a pas de folie chez Hergé. Chez Goscinny, il y a de la folie. Il y a des trucs fous. Il y a des trucs que seul quelqu'un comme ça peut trouver. Il avait un génie du gag, un génie des calembours, de l'humour, que n'avait pas Hergé. Goscinny, non, c'est autre chose, c'est à un autre niveau...
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