Interview de Pierre Tchernia (France Info, novembre 2002)
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Je sais que quand il était petit garçon, il adorait faire
rire ses amis... Il inventait, racontait des histoires, et dès
qu'il faisait rire sa classe, il avait gagné sa journée.
Il était extrêmement observateur et quand on dinait avec
lui, d'une façon décontractée, il racontait des petits
évènements de la journée, et ça prenait brusquement
une saveur parce que c'était un conteur. Sur ce plan-là,
il m'a rappelé quelqu'un que j'ai bien connu, c'est Marcel Pagnol.
Vous voyez, les gens qui ont ce talent-là sont déjà
en train de faire un morceau de littérature, ou un morceau de cinéma
avec un fait divers... -
C'est Astérix qui a confirmé le succès de Goscinny
auprès du grand public, mais ce n'est pas le seul de ses personnages
à avoir rencontré la gloire. -
Il ne faut pas oublier qu'il a collaboré à des tas d'autres
ouvrages en dehors d'Astérix. Le Petit Nicolas qu'il faisait avec
Sempé, est une oeuvre d'un charme, d'une intelligence, d'une finesse
étonnante. Et puis n'oublions pas Iznogoud, Lucky Luke et surtout
des livres qui, pour les lecteurs un peu plus agés, gardent un
parfum formidable, comme Oumpah Pah, qui fut la première oeuvre
de collaboration entre Albert Uderzo et René Goscninny. -
Qu'est-ce qui explique, selon vous, l'extraordinaire succès de
votre ami René Goscinny ? - Ca partait d'une réalité. Parce que l'histoire d'Astérix part d'une réalité que tous les Français ont en partage, c'est "les Gaulois". Et puis, voila que ces Gaulois, il en garde les caractéristiques que tout le monde connaît, ce qui fait qu'on n'a pas à se poser de problèmes, on sait ce que c'est qu'un Gaulois, on sait ce que c'est qu'un Romain, et on se moque de l'époque contemporaine au travers de tout ça, les choses que nous connaissons et qui sont caricaturées...
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