Interview d'Albert Uderzo (France Info, novembre 2002)
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Du coup, Astérix, avec René Goscinny, c'était une
revanche ? Vous avez connu un succès mondial avec cette BD, non
? -
Le succès, on l'a en première goûtée, mais
on a gardé les pieds sur terre. On disait : "ça ne
durera pas". -
Alors, le succès continue encore aujourd'hui. Vous vous souvenez
de votre travail avec Goscinny, sur les scénarios, sur les gags
d'Astérix ? -
Ecoutez, le gag, je le lisais, je le découvrais en premier, j'étais
fou de joie et je rigolais tout seul comme un imbécile. Car en
même temps que je le lisais, j'avais déjà dans mon
imaginaire la façon dont je le traduirais en dessin. Et donc pour
moi, c'était une joie suprème. Et lui, lorsqu'il le découvrait,
ce qu'il avait imaginé, voir traduit en dessin, c'était
une joie profonde pour lui. Donc, c'est une complémentarité
extraordinaire. -
Aujourd'hui, Albert Uderzo, le souvenir de Goscinny vous accompagne quand
vous dessinez un nouvel album d'Astérix ? - Je vis avec son souvenir car quand je me trouve devant une complication, devant un gag, je pense à lui, je me dis : "comment réagirait-il dans cette situation ?" Et ça m'aide. je ne sais pas si j'ai raison parce qu'il n'est pas là pour me le dire, mais... Je pense que je savais comment il traduisait ses gags. Quelle était sa façon de traduire son humour. Ca m'a aidé énormément, et comme je le dis encore souvent, je n'ai pas son talent, mais en tout cas je ne déforme pas ce qu'il a fait.
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